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Se réapproprier les gestes d’antan : Accoucher, un art à apprivoiser !




Ces positions qui facilitent le travail et l'accouchement et soulagent la douleur...


Tel le serpent de mer, le thème des positions d’accouchement revient de manière périodique, et si cette fois on se mettait à rêver… ? Allier positions autres que couchées et sécurité par exemple ?

« Les femmes du Brésil, au moment de l’accouchement, s’assoient sur un banc large et bas.

Pendant les contractions, elles s’accroupissent.

Un peu plus tard, quand elles sont fatiguées, elles s’agenouillent.

Finalement, quand elles sont affaiblies et épuisées elles se couchent.

Les femmes civilisées, affaiblies, commencent l’accouchement en étant déjà couchées »*1


« L’accouchement est d’abord un fait biologique et physiologique. Mais on le sait bien, on ne peut le réduire à cette dimension. La naissance est au cœur de toute société, c’est par l’enfant qu’elle se renouvelle. Or toute société a sa manière à elle de se comporter à l’égard de la femme en couches et de recevoir l’enfant. Dans ce sens, l’accouchement s’inscrit toujours dans une culture »*2

Pourquoi avoir choisi ce titre ?





Tout simplement parce que même si accoucher est physiologique et naturel, il semblerait que, suite à l’intervention du Dr Fr Mauriceau au 17iè siècle et l’invention de la péridurale, les femmes ne savent plus être à l’écoute de leur corps et donc ne sauraient plus accoucher de manière spontané.

Est-ce l’invasion médicale, la peur du « non contrôlé » ou la peur tout court qui en sont responsables ? Je n’en sais rien ! Pourtant le constat m’interpelle.

Lorsque je relis des textes sur l’histoire de la naissance, je vois que la femme est libre de se mouvoir, qu’on l’encourage à marcher. De plus, lorsqu'on la « laisse faire » ce sont des positions assises ou accroupies qui sont prises instinctivement... Des positions ASSISES ou ACCROUPIES… et non COUCHÉES…! Qu’en reste-t-il aujourd’hui de ce savoir-faire, de cet instinct et de cette liberté posturale ?


Bernadette de Gasquet, célèbre Dr Française dans le monde de l’obstétrique, a très sagement émis cette réflexion que l’on devrait garder à l’esprit : « pour qu’une femme n’accouche pas… on lui conseil le repos strict ! Lorsque l’on veut qu’elle accouche… on lui dit de se coucher ». Quelle ironie n’est-ce pas ?! Comme si le principe, des lois de la pesanteur, avait changé entre

la grossesse et le moment d’accoucher !?!





Formation "atelier positions" avec l'équipe de la mat': Piela Février 2016


Ensuite, pour apprivoiser un art, il faut l’intégrer, se familiariser avec et répéter encore et encore les mêmes gestes jusqu’à ce qu’il deviennent innés ou presque. Il en va de même pour l'apprentissage des postions afin qu’au jour J, ce dernier se fasse « tout simplement ».

« Tout simplement » et non « tout facilement » !


Mon but en tant qu’infirmière sage-femme, lors de mon atelier « positions d’accouchement », est de donner des outils pratiques et utilisables par toi, ton compagnon… en milieu hospitalier ou non. Je souhaite aussi te rassurer sur tes capacités de femme à enfanter, sur vos capacités de parents et surtout de dire que même si tu accouches sous péridurale il sera possible de maintenir une certaine mobilité obstétricale. Pour se faire il faudra soit demander à l’équipe de vous guider ou alors demander à ton compagnon (qui t’aura accompagné lors des séances de préparation à la naissance ;-)) de t’installer.


Mon souhait est que vous soyez AUTONOMES, que vous sachiez vous « débrouiller » SEULS face à l’arrivée de votre enfant, afin de vous réapproprier VOTRE histoire de naissance. Cet article a pour but également de te faire prendre conscience qu’il est possible de bouger pendant ton travail, qu’il est même conseillé de le faire AVANT toutes interventions médicales (péridurale comprise) ! Il existe des positions soulageant les douleurs de l’enfantement, ton corps offre d’énormes possibilités, le tout est de les connaître.



En guise de conclusion



J’aurais envie de dire que l’accouchement, bien que physiologique, reste cependant un VRAI "kinder surprise" dans lequel peuvent se cacher des complications et des urgences pour lesquelles il FAUT rester vigilent ! Néanmoins, ce moment de l'enfantement si important dans la vie des couples devrait être appréhender au "cas pas cas" et non de manière "systématique" et devrait être lu au moyen d’un Kaléidoscope socioculturel, psychoaffectif et anthropologique car nous n’accouchons pas ici de la même manière que là-bas... Bien souvent les normes établies par une/la société ne sont pas forcément dirigées vers le « bien-naître », mais plutôt vers « ce qu’il convient de faire … ou pas» et surtout vers le confort du personnel soignant !


Par exemple au Burkina Faso à Piéla, là où je me rends régulièrement, on n’entend pas un cris - pas un pleur et surtout on ne voit pas de larmes couler en salle de naissances (sous peine d’amener la honte sur la famille et de se faire taper par les accompagnantes)… Les SEULES choses perceptibles sont : l’accélération des respirations (= rapprochement des contractions = sortie imminente) et le bruit des poussées (qui bien souvent me surprennent : car la femme N’gormaché de Piéla, sait accoucher SEULE, et n’attend pas « qu’tu mettes tes gants »… prête ou pas : elle accouchera sans bruit et... sans moi... LOL) !


Nous ne sommes pas N’gourmachés, tu n’es pas de là-bas mais, ici il est tout à fait possible de se reconnecter à son corps, ses émotions et suivre son instinct afin d'adopter des positions facilitant l'accouchement et soulageant les douleurs de l'enfantement. Au fond, c’est à cela que je t’encourage et que j’encourage les patientes et les couple lors de mes différents ateliers.

Laisses-toi guider par tes sens, tes envies, tes rêves, ton instinct tout en sachant que si une intervention médicale urgente est nécessaire… Il va falloir s’adapter voire tout mettre entre parenthèses.

Bon voyage intérieur et belle route vers la connaissance de toi, de ton corps !

Petit aperçu de l'équipement rudimentaire de la salle de naissance. Et pourtant je m'y sens plus à mon aise là-bas, qu'ici !

Sources

*1 : Moyses Paciornik, « Apprenez l’accouchement accroupi », Ed. Favre, Suisse, 1981.

*2 : « Accoucher autrement : repères historiques, sociaux et culturels de la grossesse et de l’accouchement au Québec», sous la direction de Francine Saillant et Michel O’Neil, édition Saint-Martin, Montréal, 1987, page 1.

Nathalie P, « Histoire de la naissance », 4iè sage-femme, Helmo, Institut Sainte-Julienne, Liège, 2008.

B. de Gasquet, « périnée et maternité », les dossiers de l’obstétrique, chap 3, « l’accouchement », n°232, Octobre 1995.

Marie-Pierre Hoeffel, «Des positions faites pour changer », Helmo, Institut Sainte-Julienne, Liège, 2010.

Laurent Mandelbrot, « Mécanique de l’accouchement », Service de gynécologie-obstétrique, hôpital Louis Mourier, Colombes, Université Paris-Diderot, Paris 7.




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